Vidéoformes, résidence de recherche 2017-2018

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Vues d’atelier

A place to BEEP / Mémorial de Montormel

Cemetary revolution, 2017
Sculpture / Bois / Prototype / Dimensions variables

Line up, 2017
Installation / Charbon de bois et marbre blanc / Dimensions variables

xyz, 2017
Installation / bois et matériaux divers / Dimensions variables

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xyz

Crédit photo : Nicolas Tourte, Valentin Tyteca

In the gallerist’s mind / Galerie Valérie Delaunay

Exposition collective

Avec :

Rachel Labastie, Léa le Bricomte, Nicolas Tourte, Art Orienté Objet, Cécile Hug, Aurelie dubois, Joel hubaut, Odie chaavkaa, odonchimeg Davaadorj, Barbara Navi, Jessy Deshays, Corine borgnet, Daniel Spoerri

A place to BEEP / Mémorial de Montormel-Coudehard

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Visuel : Cemetery revolution, 2017

A place to BEEP
Vernissage le 5 juillet à 18
05/07/201703/09/2017 – Mont-Ormel (Mémorial de Montormel-Coudehard)

Ma première visite au mémorial remonte à l’année dernière, j’ai furtivement fait glisser mon regard sur les différents endroits du site. Ce qui m’a marqué comme bien d’autres, j’imagine, c’est de recomposer mentalement un étale de chair morte recouvert d’un épiderme diptèrien, bouillonnant et foisonnant, me renvoyant à cette « neige » partiellement constituée par le rayonnement cosmologique fossile, dit-on, qui apparaît sur un moniteur lorsque le signal « manque ».

Cemetery revolution

Dans cette proposition en demi tore, il s’agit d’évoquer la géométrie des cimetières de guerre que l’on croise au bord des routes, lors de divers trajets.
Pendant ces travellings, si on ne se concentre pas sur la discontinuité de la ligne blanche, la persistance rétinienne offre à l’alignement des formes une perspective mouvante, cet effet me pousse à imaginer une surface praticable à l’infini. Un dédale dans lequel l’issue n’est pas le dessein, mais une redécouverte perpétuelle de l’horizon. J’ai d’abord songé à extruder les faces polygonales d’une sphère issue d’un logiciel 3d. Puis repensant aux diverses phases de la vie d’un insecte, mon intention s’est muée en l’évocation du stade larvaire.
J’imagine désormais cette forme tournant lentement sur elle-même, de son périmètre central, les masses extrudées réduisant les espaces « interstellaires » de révolution en révolution.

Remerciements : Le Dôme, FABLAB / CAEN

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Drag & Drop / Nicolas Tourte par Pauline Lisowski pour BOUMBANG

Explorer l’univers artistique de Nicolas Tourte amène à découvrir un travail protéiforme et riche en sens, qui se découvre couche par couche. L’artiste convoque une multiplicité de médiums, la sculpture, le dessin, l’installation et les outils numériques liés au traitement de la photographie et de la vidéo pour créer des situations entre le réel et le virtuel. Si au départ, on peut voir dans ses œuvres un intérêt pour les phénomènes naturels, on comprend ensuite que ses recherches tournent plus largement sur des temporalités cycliques qui règlent l’univers. Nicolas Tourte est fasciné par les mouvements naturels, ce qui nous dépasse et qu’on a du mal à maîtriser. Il combine cet intérêt avec des notions liées au virtuel et aux nouvelles technologies. Dans ses œuvres, il tend alors à faire songer le spectateur, à l’amener ailleurs.

Nicolas Tourte, Deux lunes
Nicolas Tourte, Deux lunes, dispositif vidéo, dimensions variables, 2016 © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Nicolas Tourte, Neige sédimentielle
Nicolas Tourte, Neige sédimentielle, Vidéo 1080P en boucle, 2016 © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Nicolas Tourte, Trois bandes
Nicolas Tourte, Trois bandes, 2016 © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette

À partir de prises de vue de paysages, notamment de croûte terrestre, qu’il bascule, il cherche à nous faire prendre conscience d’un état du monde qui évolue en permanence. Dans ses vidéos, telles que « Paysage va-et-vient », il déstabilise les points de vue habituels sur les paysages et révèle alors d’autant plus les mouvements continus de la nature. Face à ses « Paraciels », le spectateur est incité à s’arrêter et à contempler les mouvements de nuages. Pour l’artiste, plus qu’un moment de contemplation, ses œuvres conduisent à un état intermédiaire, une sortie de la réalité pour ensuite mieux comprendre le système qui nous dirige.

Nicolas Tourte, Paysage
Nicolas Tourte, Paysage, va et vient, vidéo 1080P en boucle, 2016 © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Nicolas Tourte, Paraciels
Nicolas Tourte, Paraciels, installation vidéo, dimensions variables, 2009 © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette

De même, considérant qu’on baigne dans un flux d’objets et d’images, Nicolas Tourte détourne les objets de leur fonction, les transforme et leur donne un côté étrange. On a comme l’impression qu’ils ont subi une métamorphose ou qu’ils sont vivants. D’autres objets sont également des supports de projection de vidéo et nous invitent à nous plonger dans un monde hors du temps, dans une possible histoire. « Passage n°5 », un livre sur lequel est projetée une vidéo montrant des mouvements naturels, captive le regard, nous amène à nous arrêter et à contempler une sorte de flux de tourbillon à l’infini. Durant ce moment, de possibles liens s’établissent entre l’image en mouvement et l’objet, qui défit le temps pour l’artiste.

Nicolas Tourte, Passage 5
Nicolas Tourte, Passage n°5, 2016 © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette

Nicolas Tourte développe cette métamorphose de façon encore plus forte dans une série d’images d’objets en bois, nous incitant à nous poser des questions sur ce qu’on voit réellement. Présentés sur internet, ses travaux engagent le doute du spectateur: Serait-ce des vidéos qui témoignent de véritables expériences ou des histoires virtuelles?

De plus, le lieu d’une exposition l’intéresse pour concevoir des situations propices à la promenade et à l’arrêt, aussi bien physiques qu’imaginées. À la Galerie Laure Roynette, il a conçu son exposition tel un espace où perdre ses repères. Le long des murs, il a installé une photographie présentant une coupe stratigraphique d’un paysage. Cette vue verticale est renversée, étirée et crée un curieux horizon. Cet environnement naturel constitue comme un décor pour l’installation « Couple de chaises ». En suspension, cette œuvre incite le visiteur à tourner autour et à découvrir des excroissances. Ces objets auraient subi une curieuse transformation et semblent vivants.

L’ensemble de ses œuvres amènent le visiteur à avoir des sensations de vertige. Envoûté, il est comme pris au piège par ce qu’il voit. Puis, il retrouve le contact avec le réel. Ainsi, au regard d’une multiplicité de formes, de médiums et de rapports à l’image, Nicolas Tourte offre une vision du monde aussi bien poétique que critique.

Nicolas Tourte, Vue générale de l'exposition "Drag & Drop"
Nicolas Tourte, Vue générale de l’exposition « Drag & Drop » à la Galerie Laure Roynette © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Nicolas Tourte, Couple de chaises
Nicolas Tourte, Couple de chaises, bois, boulot et métal, 2016 © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Nicolas Tourte, Couple de chaises
Nicolas Tourte, Couple de chaises, bois, boulot et métal, détail, 2016 © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Nicolas Tourte, Balayage progressif
Nicolas Tourte, Balayage progressif, bois et matériaux divers, 90x16x60 cm, pièce unique, 2013 © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Nicolas Tourte, Punish Yourself
Nicolas Tourte, Punish Yourself, bois et métal, 150x75x27 cm, pièce unique, 2013 © ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Nicolas Tourte, ceintre
Nicolas Tourte ©
Nicolas Tourte
Nicolas Tourte ©

RÊVEUR CONTEMPORAIN / Entretien : Nicolas Tourte & Marie-Françoise Bouttemy

MFB : Quel sentiment avez-vous eu en découvrant le château d’Hardelot ? Est-il un sujet « comme un autre » ou avez-vous ressenti un effet d’exotisme lié à l’architecture de ce manoir anglais néo-gothique du XIXe siècle ?

NT : J’ai d’abord été séduit par les contours du château et les découpes qu’il opère sur l’horizon quand on le découvre de manière frontale. Les espaces dans lesquels j’interviens ont une importance capitale ; je choisis les œuvres qui résonnent avec l’espace et la fable du lieu. Créer in situ est très stimulant. Dans le cas du château d’Hardelot, j’accorde une attention particulière à sa proximité avec la nature, plus précisément les cours d’eau, les lacs et la mer…

MFB : Vos installations et vidéos nous font entrer dans un monde parallèle où vous captez des détails du quotidien ou des perceptions inattendues. Comment avez-vous conçu l’exposition alors que nous sommes dans l’ambiance d’une demeure victorienne ?

NT : Il y a des choix qui naissent du nom des salles, de leur thématique, notamment en plaçant discrètement la projection vidéo Smoker’s Dream dans le fumoir. D’autres liens s’établissent avec des objets, des constellations de bibelots. Il y a également la volonté de ponctuer certains aspects de l’architecture, d’accentuer une lecture intérieure en développant un imaginaire autre.

MFB : Le défi n’est-il pas de réaliser une sorte d’alchimie entre l’art de vivre franco-britannique et les territoires imaginaires de vos créations ?

NT : Je ne perçois pas cette exposition comme un défi mais plutôt comme un jeu de piste, un dialogue qui porte sur le résultat de l’addition d’un fragment de salle, d’un objet et de mes recherches visuelles.

MFB : Le parcours de l’exposition est constitué de manière kaléidoscopique où chaque pièce du château déploie une thématique en lien avec votre univers. Quel est le fil rouge de ce parcours ?

NT : Le lien entre toutes ces interactions est à la fois sec et humide. C’est une paire de menottes élastiques, une chaîne métaphorique dont on a la possibilité de se défaire ou de rester prisonnier.
Évoquons le temps qui passe, interrogeons le réel, évacuons les strates superficielles de l’épiderme médiatique pour sonder notre devenir.

MFB : La figure humaine est absente de vos œuvres exposées, comme pour révoquer la parole au profit d’une lecture sensible d’un détail ou de la nature. Il y a quelque chose de doux, lent, stable alors que les vidéos sont paradoxalement l’espace du mouvement, de la perpétuité.

NT : Dans ma production, l’ensemble des éléments laissant place à la figure et au corps s’apparente à la farce.
J’ai délaissé les travaux anthropomorphiques pour une ondée de matières hypnotiques. La plupart des pièces du château possédant une charge de stimuli importante, l’apparition de formes humaines aurait déséquilibré l’atmosphère monastique et méditative que je tentais d’atteindre.

MFB : Le soin que vous apportez à la réalisation et à la finition de vos installations me renvoie à l’objet artisanal et aux arts décoratifs. Comment les concevez-vous, mettez-vous du temps à leurs réalisations ?

NT : Les phases par lesquelles je passe pour concevoir tous ces éléments débutent par le dessin, plus une esquisse qu’une épure, au début en tout cas. Cette étape tient lieu d’archive, de note, d’évaluation et de correction. La photographie et son montage peuvent également se substituer à cette introduction. Il m’arrive d’éprouver les idées en passant par le spectre de logiciels 3D. Le fait que je soigne les réalisations est peut-être lié à la fascination installée en moi lorsque j’étudiais les détails anatomiques des lépidoptères et les textures minérales. L’installation de l’ennui lié au travail répétitif m’incite à expérimenter techniques et matières nouvelles. Un de mes projets futurs serait de mener une expérience professionnelle visant à devenir l’apprenti éphémère traversant une myriade de métiers, dans l’idée qu’à chaque sortie de route s’opère un lot de confrontations nouvelles offrant un mode empirique inédit. Dans le processus de réalisation d’une œuvre, le temps ne compte que parce qu’il a vocation à réflexion. Il est vecteur de productivité sous adrénaline lorsque une échéance touche à sa fin.

MFB : Dès l’entrée dans le château, avec le dispositif vidéo interactif « Orgabulle », vous vous positionnez comme l’artiste qui se confronte avec poésie à l’histoire du lieu. Quel rôle incarnez-vous en tant qu’artiste contemporain ?

NT : Je ne sais pas si j’interprète un rôle. Si je devais revêtir une peau plutôt qu’une autre, peut-être serait-ce celle d’un animal aux propriétés mimétiques qui aspire à transmettre un élément au plus grand nombre. Je me vois également comme un brouilleur de pistes.

MFB : Que vous inspire la salle à manger où vous avez choisi le dispositif vidéo « Burn Out » ?

NT : Dans un renfoncement de la pièce se trouve un buste de Napoléon III. Peut-être a-t-il fait résonner en moi la nécessité de barrer l’accès à ce fragment de pierre. Burn Out, c’est un peu un élément de barricade dont les flammes lèchent les pieds d’une structure, une menace qui plane sur la stabilité d’un ordre établi.

MFB : Nous traversons des pièces du château où des épisodes guerriers entre la France et la Grande-Bretagne sont évoqués. À quoi cela vous renvoie ?

NT : Cela fait résonner en moi une partie de ping-pong, qui s’échelonne dans le temps, dont le rapport au réel, la taille des terrains et les protagonistes varient selon l’époque.

MFB : Les titres que vous donnez à vos œuvres sont-ils des clés de lecture pour une immersion ?

NT : Je pense que l’immersion peut s’opérer sans sésame particulier, encore faut-il être suffisamment disposé à s’ouvrir. Les titres peuvent influencer le spectateur sur la strate de lecture à adopter à une œuvre mais ils peuvent aussi l’induire en erreur. J’avoue détenir une certaine jubilation à fausser le chemin.

MFB : L’imaginaire est un champ énergétique grâce auquel on atteint un nouvel état de l’être. C’est ce que nous apprenons avec vos œuvres ? Atteindre un état de bien-être ?

NT : Pas nécessairement, enfin ce n’est pas ce que je recherche, mais si l’on y éprouve ces sentiments, je n’y vois pas d’objection. Les pièces installées dans le château sont assez consensuelles et peuvent se réclamer de notions méditatives et hypnotiques. Ce n’est qu’un versant de ma production. D’autres pièces jouent sur les phénomènes d’attraction/répulsion ou les mises en situation de l’enveloppe charnelle inspirent des sentiments inverses.

MFB : Toute improvisation et spontanéité est inopportune dans vos créations. Ce temps d’observation, de réflexion, de création qui vous est cher est-il plus le fruit de votre formation ou est-il lié à votre personnalité ?

NT : Ce n’est pas absolument exact, car une partie de mes inspirations est extraite du chaos (né de la vie). Je peux saisir dans le désordre une phase adaptée à mon intention, l’accident est un portail ouvert sur la découverte. C’est d’ailleurs de cette façon que j’ai débuté les expériences autour de ce qu’on nomme aujourd’hui mapping. En revanche, une fois que le résultat s’est matérialisé dans mon esprit, je m’active à aller au plus loin dans le détail.

MFB : Nous terminons le parcours par l’installation vidéo emblématique et monumentale « Lupanar » qui méduse littéralement le visiteur. On y retrouve votre univers poétique et sensible. Le thème de l’eau entre en résonance avec l’environnement du château d’Hardelot, à savoir les douves, le lac des Miroirs et même le détroit de la Manche à proximité. Quelle est l’histoire de cette œuvre ?

NT : Le projet a été conçu à Rome lors d’une résidence d’artiste. Réalisé pour Interstice #10, événement transmédia organisé par la Station Mir (Caen), la génération de cette pièce monumentale dans la grande galerie de l’ESAM fut considérablement influencée par mon séjour dans la ville éternelle. J’ai dans mon processus de création l’habitude d’emmagasiner des images fixes et animées provenant de mon environnement immédiat. L’atelier Wicar, se trouvant proche des rives du Tibre, je ne pouvais que focaliser sur la violence de certains de ses segments. Lors de ma période de travail, les fortes pluies lui permettaient un contraste de niveaux impressionnant. J’assimilais à ce fleuve érectile des bribes de mon voyage récent au Mexique (en me remémorant l’aspect calligraphique de bas-reliefs dans lesquels l’image du serpent est très présente). Le titre de cette installation vidéo est venu à la lecture d’un ouvrage évoquant la vie à Pompéi avant l’éruption du Vésuve.

MFB : Que peut apporter cette confrontation entre l’art contemporain et l’histoire du site ? S’agit-il de faire ressortir des sujets universels, de créer un dialogue au-delà des frontières temporelles et spatiales ?

NT : Ce qui m’intéresse dans ce contexte, c’est le fait que des visiteurs se retrouvent face à des éléments qu’ils n’ont pas prévu d’évaluer. J’imagine les réfractaires élever leur scepticisme, retourner à leur point de départ et formuler, après quelques heures de digestion picturale, un sentiment évoluant vers une contrée située au-dessus du niveau de la mer.

Black Box(es) Centre d’art Faux Mouvement



Vernissage le 06/07 à 18h

du 6 juillet au 22 octobre 2017

Centre d’art Faux Mouvement
(Place Saint Louis)
4 rue du Change – 57041 METZ CEDEX / France

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Avec : Betty Beier, Arvid Boecker, Laura Delvaux, Rohan Graeffly, Philipp Hawlitschek, Joël Hubaut, Julie Luzoir, Anke Mila Menck, Charles Myncke, Patrick Nardin, Claudia Passeri, Armand Quetsch, Mary Audrey Ramirez, Nicolas Tourte, Steve Veloso et Monique Voz.

[sgmb id= »1″] BLACK BOX(ES)

Paysage. Fiction de la matière, matière à fiction

Paysage. Fiction de la matière, matière à fiction

Du 9 au 25 juin 2017
Vernissage le vendredi 9 juin à partir de 18h00

Plateforme / 73 rue des Haies 75020 Paris
Du mercredi au dimanche de 14h30 à 19h30 et sur rendez-vous.

Commissariat : Jean-Baptiste Guey

Avec : Jean-Michel André, Anaïs Boudot, Amélie Labourdette, Olivia Lavergne, Lawand,
Julien Lombardi, Benjamin Ottoz, Raphaelle Peria, Charles-Henri Sommelette,
Nicolas Tourte.

__

Héritée de la tradition picturale, la notion de paysage désigne un territoire naturel saisi puis transformé par l’esprit humain, au point de coïncidence de la réalité concrète et du travail de l’imaginaire. Elle organise ainsi le passage de la perception de la nature à sa représentation fantasmée, et, en retour, celui de l’image mentale à sa traduction sur un support concret. L’exposition « Paysage. Fiction de la matière, matière à fiction » rend précisément compte de cette double plasticité du paysage, physique et psychique, en l’articulant au médium de la photographie.

Les onze artistes réunis y proposent une vision de la nature déformée par leurs regards intérieurs, contaminée par les pulsions, les abstractions et les accidents de l’imagination. Emancipée de sa fonction documentaire tout en restant ancrée dans la matière réelle, la photographie y révèle son potentiel narratif et fictionnel, déployé à partir de ses ambiguïtés formelles.

Extrait du texte de Florian Gaité

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14 SECONDES

116 Centre d’art contemporain
116, rue de Paris, 93100 Montreuil

vernissage le 18 mai à partir de

 DU 18 mai au 14 juin 2017

Sur une proposition de Marie Deparis-Yafil et Corine Borgnet Avec :

Rodolphe Baudouin, Christian Berthelot, Corine Borgnet, Emilie Brout & Maxime Marion, Bryan Crockett, Gael Depauw, Jessy Deshais, Charles Dreyfus, Joël Hubaut, Fred Mars Langlois, Gabriel Léger, Malachi Farrell, On Kawara, Fabien Léaustic, Léa Le Bricomte, Laurent Pernot, Axel Phalavi, Emmanuel Régent, Benjamin Renoux, Mai Tabakian, Tata Jacqueline, Nicolas Tourte, Haythem Zakaria

Ceci n’est pas un texte critique / Luc Brou / Catalogue de l’exposition Visions intermédiaires

Ceci n’est pas un texte critique

Tel un chargé de projet de l’expérience en magasin explorant les allées du bureau des questions du futur, j’arpente les espaces imaginaires de Nicolas Tourte, dont la malice dans le regard se coordonne à une forme douce-amère de mélancolie, pas noire, légère, élégante, à la façon d’un Tristram Shandy1.
Je suis un marcheur du ciel, j’écoute la voix détournée de Rickie Lee Jones par The Orb dans Little Fluffy Clouds2 : «  Il y avait toujours des petits nuages cotonneux, c’était beau, en fait c’étaient les plus beaux ciels. Les couchers de soleil étaient pourpre, rouge, jaune et les nuages se saisissaient des couleurs. J’avais l’habitude de les observer tout le temps quand j’étais enfant.  »
Les nuages me portent aussi haut et loin que je peux aller et Julie Kristeva3 me glisse à l’oreille qu’il y a un besoin de croire qui précède le désir de savoir.
En 1787, le Suisse Horace-Bénédict de Saussure a tenté l’inverse en inventant le cyanomètre, instrument capable de mesurer la profondeur du bleu du ciel afin de prédire le temps et dont aujourd’hui il reste la poésie. Il voulait rapporter un échantillon du ciel. Comme l’écrivait Henry David Thoreau dans sa correspondance à Ralph Waldo Emerson : «  Dieu merci ils ne peuvent pas abattre les nuages  »4
Il aurait pu tout aussi bien signer Le Manifeste du nuage5 :
Nous croyons que les nuages sont injustement dénigrés et que la vie sans eux serait incommensurablement pauvre.
Nous jurons de combattre la pensée «  ciel-bleu  » partout où nous la trouverons.  La vie serait insipide si nous devions regarder chaque jour des ciels sans nuage.
Nous cherchons à rappeler aux gens que les nuages sont l’expression de l’état d’esprit de l’atmosphère, comme celui d’une personne.
Nous croyons que les nuages sont faits pour les rêveurs et que leur contemplation enrichit l’âme. En réalité, tous ceux qui distinguent des formes dans les nuages économiseront de l’argent en évitant une psychanalyse.
Et donc nous disons à ceux qui veulent l’entendre :
Levez les yeux, émerveillez-vous de l’éphémère beauté, et toujours se souvenir de vivre la tête dans les nuages !

Alors me revient en mémoire des images furtives de Magritte6.
La poésie des nuages.
Ou de Mister Chance7 marchant vers eux dans un ciel d’hiver.
Les nuages, mon temps s’y glisse, c’est l’observatoire de mes divagations, là où se perchent mes amis. Le ciel bleu est une salle d’attente vide. Celui qui vient, peut-être est-ce le plus beau, le plus soyeux au regard, une nappe d’une extrême délicatesse qu’un souffle pourrait déchirer. Ses formes rappellent une voile sous un vent léger, à peine une brise, le contour est irrégulier, des débuts de lambeaux car il s’effondre sur lui-même, comme s’il était soumis aux identiques lois de la matière, c’est un trou blanc au fond duquel perce le bleu.
Les nuages sur un parapluie, un cours d’eau infini, un toit brisé ouvert sur le ciel, Nicolas Tourte fait renaître le plaisir de l’enfance, ces moments de magie composés d’images en mouvement comme une proposition foraine, naturelle et naïve, veut-on croire, nous savons que c’est pour de faux mais comme dans le théâtre d’objets, ce qu’offre son travail ne se dissimule pas, tout y est donné, ludique et joyeux…
Dans sa thèse sur l’(A)pesanteur et art contemporain, Mathilde Jouen8 cite Gilles Lipovetsky dans De la légèreté : « À l’évidence, l’art contemporain s’emploie à prolonger la conquête millénaire de la légèreté esthétique. Aujourd’hui comme hier, s’exerce la fascination de l’aérien consubstantielle à l’esprit humain, l’attrait poétique que représente ce qui nous délivre de notre poids. » Cela convient, délicatesse des images et légèreté donnée aux éléments mais Nicolas Tourte distille le doute en usant d’un humour aussi discret que féroce, relevant typiquement du non-sens, qui suscite d’abord l’amusement puis qui, à force de décalages, dévoile un état possible du réel par l’absurde.
Face à la ludification de notre environnement quotidien, il propose un miroir déformant qui tord le sens commun de nos perceptions au sein d’un parcours dont on ne peut s’échapper. Drôle et inquiétant.

«  Infini, quand tu nous tiens…  »

Luc Brou

1 Sterne Laurence, La Vie et les Opinions de Tristram Shandy Gentleman, (1759-1767), Gallimard, 2012.
2 The Orb, Little Fluffy Clouds, http://www.theorb.com
3 Les nouveaux chemins de la connaissance, conférence de la Sorbonne, 03/02/2017, https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/lannee-vue-par-la-philosophie-55-luniversel-lepreuve-du-mal
4 Thoreau Henry David, Emerson Ralph Waldo, Correspondance (1837-1863), Éditions du Sandre, 2009.
5 https://cloudappreciationsociety.org/manifesto/
6 http://www.magritte.be
7 Ashby Hal, Being There, avec Peter Sellers (1979).
8 Jouen Mathilde, (A)pesanteur et art contemporain (thèse), Université de Paris 8, Esthétique, Sciences et Technologies des arts, 2016

Visions intermédiaires / Château d’Hardelot

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VISIONS INTERMEDIAIRES / Château d’Hardelot
Exposition personnelle

– Dans l’espace d’exposition temporaire : l’installation vidéo monumentale LUPANAR, 2015.
– En dialogue avec les salles du château, une série de dispositifs vidéo (2009 – 2017)

Du 25 mars au 8 octobre 2017
Vernissage le samedi 25 mars à 11h

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Safra’Numériques

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Safra’Numériques, festival axé sur la découverte des arts numériques et des nouvelles technologies.
du 7 au 11 février 2017.
SAFRAN
3 Rue Georges Guynemer, 80080 Amiens

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Drag and drop, Galerie Laure Roynette, Paris. Novembre 2016

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LOCAL HOST / Delta studio / Roubaix

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LOCAL HOST / Delta studio / Roubaix
Du 3 décembre 2016 au 7 janvier 2017

Avec VERONIQUE BELAND – MATHILDE CLAEBOTS – AURELIE DAMON – VINCENT HERLEMONT – HELENE MARCOZ – EMMANUEL MORALES – JEROME PROGIN – MANON THIRRIOT – NICOLAS TOURTE – VALERIE VAUBOURG

ouverture les vendredi, samedi et dimanche de 14h à 19h
Delta studio 158 rue Pierre de Roubaix – 59100 Roubaix

Phenomena, reportage réalisé par Anne Delmotte

Documentaire réalisé à la suite de mon intervention dans la crypte de Boulogne sur mer en mai 2016

 

 

bio

Nicolas Tourte est né à Charleville-Mézières, il vit à Lille et travaille en tous lieux.
Artiste associé _ Groupe A Coopérative culturelle

Après un cursus l’ESAD de Valenciennes, il se focalise sur la notion de
cycle et entretient un lien fort
avec l’architecture. Les sciences du vivant le guident dans ses
recherches, il questionne avec humour
et dérision la place de l’homme dans l’univers. Dans l’aire du numérique
il oscille entre le zéro et le un.
Dans cet entre-deux, cet interstice, il jubile de ses trouvailles
inventives.

En 2015 il réside à Rome et imagine l’installation vidéo monumentale
«Lupanar» testée lors du festival
Interstice #10, Caen.

En 2016, «Vues stratigraphiques», une série de photomontages mise en
rapport avec la guerre des tranchées,
fait l’objet de l’exposition personnelle «Etat crépusculaire», au Musée
de la Piscine, Roubaix.

EN 2017 «Visions intermédiaires», une exposition au Château d’Hardelot
aux allures de rétrospective.

En 2018, il est invité à la Biennale Gran Taipei / Taiwan et expose ses
recherches sur les phénomènes
naturels à Katowice / Pologne pendant la COP 24, Cooldown avec
l’Alliance Française.

HYAM choisit Nicolas Tourte en 2019 pour inaugurer sa première carte
blanche à un artiste français
sur l’île d’Hydra. Il participe à l’exposition «Plein vent!»
(commissariat / COAL) à la Halle au sucres,
Dunkerque.

En 2020 il conçoit Éllipses, commande de la Route des Villes d’Eaux du
Massif Central, présentée à
Vidéoformes, Clermont Ferrand.

En 2021 un corpus de ses dessins intègre les collections du FRAC Picardie

En 2022 il intègre le programme Regard d’artistes sur l’urbanisme avec « No shelter », sculpture dans l’espace public

En septembre 2023, il est invité au Shenzhen Art Museum, Chine, pour présenter une
nouvelle configuration de son œuvre «Lupanar».

En 2024, Nicolas Tourte intègre un programme de résidence au Centre d’art Rimbun Dahan,
Selengor, Malaisie

expositions collectives

Expositions collectives _ Group show

2025 /
Open sources / Zebra 3 / Bordeaux
Déflagration / Historial de la Grande Guerre / Péronne.
Plaisir / 100 ESC / Paris
RAU #10 / Condition publique / Roubaix
Raw Kru / Klotz show / Bruxelles
Désir d’artiste / FRAC Grand Large
Vidéoformes N°40 / Clermont Ferrand
Connection(s) /Galerie Sabine Bayasli / Paris
Dans ma fête, il y a un cactus / Bureau d’arts et de recherches
Drag and drop / Club 24 / Lille

2024 /
KIAF / Root K contemporary / Séoul
Sous les pixels, la matière / Pont du Gard
In the wood for love / Club 24, Groupe A / Lille
Les particules imaginaires / Rouge cloître / Bruxelles
L’époque bénie des globophages / idem + art / Maubeuge
Effervescences / Château du Rivau

So Sorry / Paris
Noise_Media Art / Istambul

2023 /
Dsoérdre  / H Gallery / Paris
Game Over / Parcours d’art contemporain / Tourrines-la-Grosse / Belgique
Polaris / Maison de la culture / Arlon
Figurer l’absence / Galerie Provost Hacker / Lille
Particules / Centre d’art Arc en ciel / Lievin
So flowers / Trans Galerie / Paris

2022 /
Around Video art fair #2 / Moxy hotel / Lille
Memory from the future / Macadam gallery / Bruxelles
Wall of sound / Fondation La Ruche-Seydoux / Paris
Regards d’Artistes sur l’Urbanisme #7 / Groupe A / Roubaix
Mécaniques subtiles / Galerie La Belle Époque / Villeneuve d’Ascq
Paranormal / Centre d’art Modulo / Esquelbecq
Maisons Folles #7 / Parcours d’art contemporain / Ronchin
Safranumerique / Safran / Amiens
Ricochet / Quai des arts / Cugnaux
So burn out / Trans Galerie / Paris

2021 /
Coton : Dissonance / Musée de Cholet
PAC / FRAC Picardie / Amiens
So écolo ou pas / Trans Galerie / Paris

2020 /
L’Echo du silence / 16b / Paris
Vanités / Galerie Laure Roynette / Paris
Paysages / Puzzle / Thionville
Métamorphose du quotidien / Maison Des Arts Rosa Bonheur / Chevilly-Larue
Vidéoformes 2020 / Clermont-Ferrand

2019 /
Plein Vent / Halle aux sucres / Commissariat : COAL / Dunkerque
Micro Macro / Abbaye de Neimenster / Luxembourg
Interstice #14 / Caen
Da da s in / Abbatiale de St Hubert / Belgique

2018 /
– Hyper Quotidien / Biennale Gran Taipei / Taiwan
– Medio Acqua / Base sous-marine / Commissariat Renato Casciani / Bordeaux
– 1001 nights / 1001 works / Commissariat Alice Mogabgab / Liban
– Clar de vermell / Mutuo Galería / Barcelone
– D’avance à rebours / Palais abbatial de Saint-Hubert / Belgique
– Rikiki maxi show / Galerie Satellite / Commissariat Joël Hubaut / Paris
– Wormhole / Galerie Laure Roynette / Paris
– Organ_icon / Bureau d’Art et de Recherches / Roubaix

2017 /
– Camera Camera / Nice
– In the gallerist’s mind / Galerie Valérie Delaunay / Paris
– Black Box(es) / Centre d’art Faux Mouvement / Metz
– Paysage. Fiction de la matière, matière à fiction / Plateforme / Paris
– 14 secondes / Le 116 / Paris

2016 /
– YIA art fair #7 / Galerie Laure Roynette / Paris
– La Montagne / LaVallée / Bruxelles
– Phenomena / Welchrome / Boulogne-sur-mer

2015 /
– Serendipity / Galerie Laure Roynette / Paris
– Format à l’italienne VI / Espace Le Carré / Lille
– Centre d’art contemporain du Luxembourg Belge / Montauban
– FEW / Wattwiller
– Wanderland / Hermès – Saatchi Gallery, London

2014 /
– Tools / Le Toutouchic / Metz
– IN ITINERE / Vous êtes ici. avec Roland Baladi, François Curlet, Michel François…

2013 /

– Teken, galerie Jan Colle / Gand
– Slick Art Fair, Galerie Laure Roynette / Paris
– Hybride n°2, Smac / Douai
– Works II, Galerie l’Œil Histrion / Hermanville-sur-mer
– brOn, Galerie Jan Colle et Sint-Machariuskerk / Gand
– TOTAAL APOTHEEK, Galerie Jan Colle – Entrepot Fictief / Gand

2012:

– Utopies et désillusions / Espace le Carré, Lille
– Voyez-vous / Transat Vidéo

2011:

– Artothèque éphémère, ORCCA, République Tchèque.
– Les relais culturels régionaux, Abbaye aux Dames. Caen

2010:

– Galeria Aera de Cultura y Educacion, Orcca, Malaga
– Mollusca Nux, Pygmalion, Alençon
– Je est un autre / MDA, Suippes
– Your world is my world / Parc éolien d’Epizon

2009:

– L’Artothèque éphémère /  ORCCA / Palais de Tau,  Reims
– Bains Douches – Station Mir / Pygmalion, Alençon

2008:

– Interstices # 3, Station Mir, Caen.
– En perspective, Giacometti – Nuit de Musées,  Musée des Beaux-arts de Caen.


DRAG AND DROP / Solo show, Galerie Laure Roynette / Paris

DRAG AND DROP / Solo show, Galerie Laure Roynette / Paris
Du 13 octobre au 12 novembre 2016
20 rue de Thorigny – 75003 Paris
Vernissage le 13 octobre à partir de 18 h

Nicolas Tourte : de l’autre côté du miroir / Par Pauline Simons dans Le Point

Déjà repéré par la maison Hermès, le travail de Nicolas Tourte est à la fois chimérique et abordable, poétique et déroutant. Rencontre autour d’un solo show à la galerie Laure Roynette.
Nicolas Tourte fait partie de ces jeunes créateurs facétieux. Récemment exposée au YIA (Young International Artists), son œuvre « Passage » – un livre ouvert balayé en boucle par un ressac quasi biblique – en disait déjà long sur les accords illusoires et répétitifs que l’artiste …

À l’heure où les chaînes d’info nous le rendent indigeste, Nicolas Tourte pratique à l’envi l’art de la répétition et n’hésite à explorer différents médias pour instiller une ambiguïté latente. Dans l’espace clos de la galerie, les images ressassées et démultipliées basculent, la perception vrille, les équilibres s’inversent et la logique semble déraisonner. Nicolas Tourte excelle dans l’oxymore, figure de style qui flirte avec l’absurde. D’autant que ses œuvres sont belles à regarder.

Dans une époque riche en fractures, en questionnements et en cloisonnements, ses Paraciels, la pièce la plus ancienne de l’exposition, composée de quatre parapluies blancs sur lesquels défile, en décalé, un ciel nuageux, sont autant de rêves éveillés que de vérités mensongères qui poussent le visiteur à prendre un peu de hauteur.

Sous sa baguette, l’objet quotidien perd à la fois sa fonction et son identité. Nicolas Tourte manie la vidéo en boucle, non pour informer, mais au contraire pour mieux brouiller les pistes. Dans l’œuvre Paysage, va et vient, il égratigne, une fois encore, l’ordre et les cycles d’une nature qui l’intrigue puisque seul le mouvement d’une plaque bleue comme le ciel redessine la montagne. En premier plan ? En arrière-plan ? L’artiste nous leurre au niveau de l’image, mais également au niveau de la mise en œuvre.

« Je travaille avec peu de moyens, mais j’aime entretenir un lien équivoque entre le réel et le virtuel, le faux et le vrai. Je me plais à laisser croire que mes œuvres sont réalisées à coups de haute technologie, alors qu’il n’en est rien », explique l’artiste, qui a déjà été choisi à plusieurs reprises par la maison Hermès(La Tête dans les nuages en 2014 et L’Oeil du flâneur en 2015) afin de donner à ses objets cultes un usage tout à fait inattendu.
Avec la complicité de Renato Casciani, collectionneur et curateur, Nicolas Tourte a composé la scénographie de l’exposition dans le droit fil du chef-d’œuvre de Lewis Caroll. Les déséquilibres, les inversions et les changements d’échelle savamment orchestrés décident ici d’une réalité augmentée : entre un panoramique de strates de schistes démultipliées, une paire de chaises en lévitation qui évoquent un objet quotidien tellement perturbé qu’il en est devenu inutile et une plaque d’égout aux motifs répétitifs évoquant de loin une mégalopole kafkaïenne, l’artiste interroge, d’un pied de nez, notre rapport au monde.

Grâce à la technologie, l’impromptu peut aussi devenir un moteur dans le processus créatif. Ainsi, en programmant certains algorithmes, l’artiste fait face à des propositions qui ne sont pas de son seul fait. À lui de les accepter ou de les rectifier. « Cela m’ennuie d’avoir l’idée d’une pièce toute faite. L’imprévu me redynamise et me pousse à toujours aller au-delà », poursuit-il.
Dans ce jeu d’équilibriste, Nicolas Tourte instille, en sourdine, de petites doses d’humour, « tentative pour décaper les grands sentiments de leur connerie » (Raymond queneau).  Cela commence par le titre de l’exposition : Drag & Drop. Alors, glissez-déposez, mais évitez la corbeille.

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Couple de chaises, 2016

Couple de chaise, 2016
Sculptures
Dimension : 2 modules de + – 40 / 80 / 40 cm
Bois et métal

YIA art fair #7 / Stand Galerie Laure Roynette / Paris

YIA art fair #7 / Stand Galerie Laure Roynette / Paris
Du 20 au 23 octobre 2016

Avec Géraldine Cario, Nicolas Tourte, Mathieu Weiler, Athanasios Zagorisios
LE CARREAU DU TEMPLE
4, RUE EUGENE SPULLER, 75003 Paris

Entretien entre Nicolas Tourte et Point Contemporain en novembre 2016 à l’occasion de l’exposition Drag and drop / Commissariat Renato Casciani

La première fois que l’on découvre le travail de Nicolas Tourte, on pourrait penser qu’il porte sur le détournement d’objets.  Or son questionnement aborde plutôt leur malléabilité, la possibilité de changer leur apparence, de jouer sur leur présence ou leur absence, et au final de les faire exister sur d’autres plans, ceux d’une réalité nouvelle. L’artiste compare d’ailleurs ses différents travaux à une constellation comme celle de la Grand Ourse. Un ensemble d’étoiles que l’on pourrait croire existantes sur un même plan, alors que la profondeur qui les sépare dans l’espace est bien plus grande.

Peut-on dire que ton travail s’articule autour de la notion de cycle ?
Elle est en effet le fil rouge de ma conduite. Mes oeuvres se construisent autour du cycle, de la répétition, de la redondance, du mouvement perpétuel, qui peut être à la fois naturel ou complètement artificiel.

On se pose d’ailleurs la question de la frontière entre le naturel et l’artificiel…
Tout ce que j’empreinte à la nature, aux objets, est retransmis de manière plus ou moins artificielle. Cela introduit une autre problématique qui est celle du « virtuel ». Quand Pierre Lévy (1) en parle, il souligne le fait que cette notion existe au moment où l’homme a commencé à entrer en interaction avec un objet (ex. casser une noix avec une pierre). De nos jours, le mot est devenu un peu fourre-tout. Il renvoie à une sorte de projection entre ce qui est existant et tangible et des formes complètement évanescentes impalpables.

Est-ce l’ambiguïté entre les deux qui t’intéresse ?
Se pose toujours pour moi la question du faux, du vrai. Je fais souvent paraître des images de pièces sur les réseaux sociaux bien avant qu’elles ne soient montrées en exposition. L’œuvre existe « virtuellement » avant d’avoir une existence concrète. On ne sait jamais si ce que l’on voit est une prise de vue ou un artefact Photoshop.

Veux-tu dire que l’image d’un objet le fait préexister ?
Il y a toujours le caractère fascinant de ce qui s’imprime sur la rétine et qui est irréductible. Toute l’exposition est conçue pour maintenir ce doute car il ouvre sur une multitude d’interprétations. La scénographie avec la projection vidéo, les vues stratigraphiques, le grand tirage disposé à l’horizontale, témoignent du flux d’images auquel nous sommes soumis, mais toujours dans ce continuum je crée un moment de doute.

Comme cette plaque d’égout qui échappe à l’image…
Je joue avec elle sur cette ambiguïté de l’existant. Étant sous exposée à la lumière, elle forme une tache sombre dans la scénographie. Elle ne révèle son volume que lorsque l’on s’approche suffisamment pour la regarder sous certains angles.

 

Paraciels, 2009 - Installation vidéo. Dimensions variables ©ADAGP - Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Paraciels, 2009 – Installation vidéo. Dimensions variables
©ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette

 

Le doute passe-t-il aussi par une perte des repères ?
Avec Renato Casciani nous avons pensé l’exposition à travers de multiples inversions. Le tirage du paysage de huit mètres est positionné à l’horizontale, l’installation des Paraciels est placée au sous-sol, les vidéos sont aussi inversées. Elle a été l’occasion de générer un univers conçu comme un flux où toutes les pièces dont certaines sont assez anciennes répondent à de plus récentes. L’exposition a aussi été, par la volonté du commissaire, l’occasion de produire des pièces qui n’existaient que sur plan.

On retrouve un autre ciel dans cette vue de couches sédimentaires…
C’est le cinquième ciel de cet espace du sous-sol de la galerie. L’image provient de la série des Vues stratigraphiques qui consistent en des photomontages générés à partir d’un fond personnel d’images qui compte près de 200 vues. Depuis 2004, je photographie des paysages dans lesquels sont visibles les couches sédimentaires, des marques d’érosion qu’elles soient naturelles ou artificielles. On y trouve une multitude d’informations grâce au phénomène de fossilisation, aux poches de gaz… il y a dans cette pièce un effet miroir qui accentue l’idée d’espace intermédiaire.

 

J’ai commencé à prendre des photographies de paysage sans forcément savoir ce que j’allais mettre en oeuvre. C’est un travail assez brut car l’intérêt n’est pas de produire un beau tirage mais de tailler dans l’image pour générer une répétition de strates et lui donner l’apparence d’un millefeuille.

 

Trois bandes, 2016 - Installation vidéo. Matériaux mixtes. Dimensions variables ©ADAGP - Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Trois bandes, 2016 – Installation vidéo. Matériaux mixtes. Dimensions
variables
©ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette

 

N’y a-t-il pas aussi l’idée de « couches » dans la projection vidéo ?
Dans la pièce Trois bandes, l’objet sculptural devient écran. C’est une installation diurne et nocturne et comme lors d’une sédimentation, les éléments perçus s’effacent pour laisser place à autre chose, ici la structure installée in situ. Ainsi la pièce peut vivre sans son enveloppe d’images.

L’effacement se retrouve sur d’autres pièces ?
Dans la vidéo Paysage va-et-vient, se retrouve cette idée d’effacement. J’ai décomposé une photographie par un procédé assez archaïque afin d’utiliser le ciel comme un cache que je déplace sur toute la surface de l’image. La pièce renvoie tout autant à des oeuvres connues de l’histoire de l’art qu’à l’histoire du cinéma et à l’évolution des effets spéciaux notamment dans la création d’un arrière-plan. Il y a vraiment une simplicité revendiquée dans la mise en œuvre de l’animation afin de créer l’illusion que le mouvement est créé par un travelling de caméra.

Dans cette pièce aussi tu nous places entre deux éléments, celui d’une réalité géologique, pesante, qui a une présence physique très  forte et une dimension plus céleste…
Ce côté aérien fait perdre de la matérialité à tous ces matériaux à la physicalité très présente. C’est pour rappeler que quelques soient leur dureté et leur résistance, par un phénomène d’érosion, ils redeviendront finalement poussière. Tout est éphémère et participe à une remise en œuvre continuelle.

J’aime la propriété sculpturale des éléments qui, s’érigeant ou s’effondrant, sont toujours en mutation.

 

Neige sédimentielle, 2016 - Vidéo 1080P en boucle ©ADAGP - Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Neige sédimentielle, 2016 – Vidéo 1080P en boucle
©ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette

 

Ce retour à la poussière est visible dans la vidéo Neige sédimentielle ?
Rien n’indique qu’il s’agit de poussière… et je ne souhaite pas révéler la source de ces images qui peuvent provenir tout aussi bien d’une prise de vue naturelle, que générées par le moteur 3D d’un ordinateur très puissant avec un logiciel d’effets spéciaux comme il en est utilisé dans les studios hollywoodiens. La video évoque l’idée du dépôt et de la sédimentation qui, à terme, produit les strates géologiques. Elle parle des particules de sédiment mais aussi de cendre volcanique comme celle qui est à l’origine de l’enfouissement des villes.

Les chaises, comme ces particules, suspendues entre terre et ciel, sont-elles en proie à une forme de mutation ?
Le Couple de chaises fait partie d’une série d’objets augmentés, modifiés. Elles sont comme beaucoup de mes travaux polysémiques. Elles font références aux rotoreliefs par le façonnage des cônes, mais aussi à la balançoire de Fabrice Hyber. Comme pour les parapluies, il y a l’envie d’interagir avec des éléments communs que tout le monde puisse immédiatement identifier et a déjà manipulé. Par leur suspension, je leur donne aussi un élan performatif.

 

Couple de chaises, 2016 - Sculptures. Dimensions 2 x 40 cm / 72 cm / 47 cm ©ADAGP - Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Couple de chaises, 2016 – Sculptures. Dimensions 2 x 40 cm / 72 cm / 47 cm
©ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette

 

N’ont-elles pas aussi un caractère sexué ?
L’idée du genre est plus anecdotique mais on peut toutefois déterminer laquelle est mâle et l’autre femelle. On retrouve ce caractère sexué sur le visuel des deux lunes du carton d’invitation qui évoque les trompes de fallope et autres organes jumeaux. Je voulais que se retrouve par ces lunes l’idée d’influence et des cycles, ces liens entre les éléments naturels (vents, marées, phénomènes géologiques…) et célestes. Et rendre compte aussi de cette mécanique invisible qui crée les cycles auxquels nous sommes soumis.

N’exprimes-tu pas le désir que ces objets ou éléments échappent d’une certaine manière à ce qu’ils pourraient représenter ?
J’ai envie que ces objets, chaises, lunes, plaque d’égout…,  restent libres. Pour cela je les fais sortir du champ commun pour leur offrir une nouvelle existence et que chacun puisse avec eux se projeter dans une direction ou une autre.

(1) Pierre Lévy, Qu’est-ce que le virtuel ?,  éditions La Découverte Poche / Essais n°49, mars 1998.

 

 

Deux lunes, 2016 - Dispositif vidéo. Dimensions ø 100 cm ©ADAGP - Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Deux lunes, 2016 – Dispositif vidéo. Dimensions ø 100 cm
©ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette

 

Paysage, va et vient, 2016 - Vidéo 1080P en boucle ©ADAGP - Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette
Paysage, va et vient, 2016 – Vidéo 1080P en boucle
©ADAGP – Nicolas Tourte / Galerie Laure Roynette[sgmb id= »1″]

expositions personnelles

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Expositions personnelles _ Solo show

2024:
Dans la croûte, sous le manteau / Groupe A Coop. / Carrières de la Vallée Heureuse / Rinxent
Terrain Vague / La Sécu, espace d’art contemporain / Lille

2023:
Lupanar / Shenzhen Art Museum / Shenzhen / China

2022:
Home cinema / Groupe A / Lille
Flash back  / quARTier / Fresnes-sur-Escaut
Quai des arts / Argentan

2021:
Falling into infinity / Flow / Lille
Ellipses / Centre culturel de Vichy

2020:
Origines / Chasse Royale / Valenciennes

2019:
Témoin / HYam/ Hydra / Grèce
Paradigma / La Belle Époque / Villeneuve d’Ascq
Au nord du futur / Galerie L’Œil Histrion / Caen

2018:
Earth wind and fire / Espace Frontière$ / Lille
Vidéobar #54 / Chapelle de l’Oratoire / Vidéoformes / Clermont-Ferrand
Unité de valeur / Espace des Tanneurs / L’Aigle

2017:
– Visions intermédiaires / Château d’Hardelot
– A place to BEEP / Mémorial de Monthormel

2016:
– Drag and drop / Galerie Laure Roynette / Commissariat Renato Casciani / Paris
– Etat crépusculaire / Musée de la Piscine / Commissariat Sylvette Gaudichon / Roubaix
– Ovaire toute la nuit / Musée de l’Ardenne / Charleville-Mézières

2015:
– Lupanar / Interstice #10/ Station Mir / ESAM, Caen

2014:
– Pete and Repeat  / Galerie Laure Roynette / Paris
– ZONA MACO / La tête dans les nuages / Hermès / México

2013:
– Mise à jour v 3.0 / Musée Arthur Rimbaud
– Tutti frutti / Galerie L’Œil Histrion / Hermanville sur Mer

2012:
– Fabrique d’images / Musée de Louviers
– Immersions / Lille 3000
– Au champs, je mens / Centre d’art val de Sarthe

2011:
– Paysages microcosmiques, Socité Générale / Artstorming
– Senestrorsum, Station Mir / Caen

2010:
– Belt Variation, maison Hermès, Hong Kong
– Nicolas Tourte R3 / Usine Utopik / Tessy-sur-Vire
– Intérieur jour – Extérieur nuit / Les Bains-Douches

2007:
– Trés tôt sur l’oreiller, Galerie Duchamp / Yvetot,

contact

Nicolas Tourte

nt at nicolastourte.net
+33 (0) 6 73188397

 

La Montagne / LaVallée / Bruxelles

Du 01 au 17 juillet 2016

Avec : Frederik BAUR, Thibaut BELLIERE, Romain BOULAY, BORDELOU, Christophe BOUDER, Jules BOUTELEUX, Emilie BREUX, Martin COIFFIER, Matthieu CRISMERSMOIS, Alexis DEBEUF, David FALTOT, Guillaume FOUCHAUX et Laurie ETOURNEAU, Pierre Yves HELOU, Sina HENSEL, Anne HOUEL, Joanie LEMERCIER, Romain LEPAGE, Olivier MAGNIER, Benjamin OTTOZ, QUARTZ, Lukas RICHARZ, Ludivine SIBELLE, Nicolas TOURTE, Samuel VANDERVEKEN, Mélanie VINCENT.

Rue Adolphe Lavallée 39, 1080 Bruxelles
Vernissage 1er juillet à 18h30
Dossier de presse ici

La Montagne

La Montagne / la Vallée
39 rue Adolphe Lavallée, 1080 Molenbeek-Saint-Jean

Avec Frederik BAUR, Thibaut BELLIERE, Romain BOULAY, BORDELOU, Christophe BOUDER, Jules BOUTELEUX, Emilie BREUX, Martin COIFFIER, Matthieu CRISMERSMOIS, Alexis DEBEUF, David FALTOT, Guillaume FOUCHAUX et Laurie ETOURNEAU, Pierre Yves HELOU, Sina HENSEL, Anne HOUEL, Joanie LEMERCIER, Romain LEPAGE, Olivier MAGNIER, Benjamin OTTOZ, QUARTZ, Lukas RICHARZ, Ludivine SIBELLE, Nicolas TOURTE, Samuel VANDERVEKEN, Mélanie VINCENT

nicolas_tourte_la_montagne_2016

Avec de gauche à droite :
Deux lunes, 2016 / Vue stratigraphique n°2, 2014 / Les quatres fils Aymon, 2016 / Neige sédimentielle, 2016 / Une bande, 2016 / Paysage, va et vient, 2016

Phenomena / Welchrome / Boulogne-sur-mer

Phenomena / Welchrome / Boulogne-sur-mer

Parcours d’art contemporain en relation avec le patrimoine & les arts numériques

Avec : Jean Lain, Nicolas Tourte, Cécile Wesolowski

La Crypte, r
Du 20 mai au 05 juin

Communiqué de presse ici
Dossier de presse ici

État crépusculaire / texte de Sylvette Gaudichon

Des corps noirs qui tombent et s’amassent jusqu’à gorger l’horizon, jusqu’à l’étouffement, jusqu’à l’effacement de l’humain dans un magma indéfini, puis des paysages, vides, vues stratigraphiques, relevés archéologiques ou géologiques d’un passé proche, ou peut-être d’un futur immédiat. Dans cette installation Nicolas Tourte nous égare. Entre mystification et catalepsie l’artiste se joue de nos sensations et nous donne à voir les sédiments incarnés qui construisent des paysages impeccablement chimériques.

Texte de Sylvette Gaudichon à propos de l’exposition État crépusculaire

État crépusculaire / Musée de la Piscine / Roubaix

État crépusculaire / Musée de la Piscine / Roubaix
Dans le cadre du cycle d’exposition « l’adieu aux armes »
Du 12 janvier au 8 mai 2016

Nicolas Tourte par Renato Casiani, catalogue « format à l’italienne VI »

La structure foisonnante et rhizomique du travail de Nicolas Tourte nous enivre dès les premières gorgées visuelles. Comme un catalyseur accélérant notre départ vers un monde poétique, jamais complétement détaché du réel, une rêverie hallucinatoire ou l’ombre de Magritte plane sans cesse. Une pincée de technologie contemporaine réactive les puissants ressorts surréalistes, rehaussés par le titre des œuvres, comme une cerise sur le … Cocktail …!!!! Le tout semble être un Cocktail coloré saupoudré de mescaline, une mixture alchimiste qui fait naitre de fragiles poèmes scintillants. Les oxymores visuelles de Nicolas nous enchantent et nous font chavirer tout en questionnant notre fragile condition humaine Nous voici devenus des « Alices » avec tout ce que cela à d’excitant .

texte de Renato Casiani parut dans le catalogue « format à l’italienne VI »